Aménagement du territoire

Aménagement du territoire

La montagne tapissée de routes et de constructions … Combien de développement les Alpes peuvent-elles encore supporter?

Le Valais est un canton de montagne et de nature. Mais….la surface bâtie  y progresse beaucoup plus rapidement que dans la moyenne des autres cantons suisses. Les zones à bâtir sont surdimensionnées, ce qui a pour conséquence un mitage prononcé du territoire dans la zone agricole de la plaine du Rhône et, en montagne, un développement effréné de lotissements de petits chalets aux dépends du paysage et des valeurs naturelles. A cela s’ajoute la nouvelle vague de grands complexes touristiques (Champéry, Mayens de l’Ours, Bruson, Village Royal à Aminona), souvent financés par des fonds étrangers,  qui permet l’émergence de véritables petites stations ex-nihilo avec leurs lots de routes, et d’équipements de base qui bétonnent toujours un peu plus notre canton.

Le sol est une ressource limitée et il importe de le gérer parcimonieusement selon le principe de la durabilité. Le paysage doit être préservé du bétonnage et les bases vitales de la faune et de la flore indigènes sauvegardées. Le réseau des routes ne doit pas être augmenté  afin de conserver des zones de tranquillité uniquement accessibles à pied. 

Aminona «Lodge de la Reine» : Victoire !

 Le Tribunal cantonal du Valais donne entièrement raison aux organisations environnementales

Victoire sur toute la ligne: le Tribunal cantonal valaisan a admis le recours du WWF, de la Fondation Suisse pour la protection et l’aménagement du paysage (FP) et d’Helvetia Nostra contre le projet hôtelier de luxe «Lodge de la Reine» à Aminona, sur le territoire de la commune de Crans-Montana. Le projet prévoyait la construction de 22 chalets sur une surface de 25'000 m2.

La décision du Conseil d’Etat d’autoriser la construction de ce complexe de luxe a été invalidée par la Cour cantonale. Celle-ci considère, d’une part, que les parcelles concernées ne doivent probablement pas être maintenues en zone à bâtir, vu le surdimensionnement de celle-ci dans la commune. D’autre part, la Cour estime que la nécessité d’un complexe hôtelier de luxe n’est pas établie. Enfin, le risque que les chalets prévus soient finalement utilisés comme résidences secondaires lui paraît significatif.

Cet arrêt constitue indubitablement une avancée dans la lutte contre le mitage du territoire et la gestion du sol. En effet, le tribunal reconnaît, aux organisations de protection de la nature et du paysage, la qualité pour agir lorsqu’elles invoquent le surdimensionnement des zones à bâtir à l’encontre de méga-projets qui sacrifieraient d’importants pans de nature, ainsi que des paysages encore intacts hors des centres des stations. Ce jugement constitue également une sévère remise en cause du laxisme de certaines autorités communales et du Conseil d’Etat face à des projets manifestement conçus pour contourner la législation sur les résidences secondaires, sous couvert de pseudo résidences hôtelières de luxe. 

Les organisations environnementales impliquées dans cette procédure se réjouissent de ce tournant dans la vigilance des autorités judiciaires valaisannes. Désormais, les futurs projets de complexes hôteliers devront prendre au sérieux les buts de la loi fédérale sur l’aménagement du territoire  permettant de préserver la nature et les paysages valaisans qui constituent les motifs principaux de la venue des touristes.

 

Annexe:

  •   Arrêt du Tribunal cantonal du Valais, Cour de droit public; A1 17 242; 22.06.2018

 

Contacts: 

  •   WWF Valais: Marie-Thérèse Sangra, 079 378 48 22, Marie-Therese.Sangra@wwf.ch
  •   Helvetia Nostra: Anne Bachmann, 021 964 42 84 / 078 629 82 70,

annebachmann@ffw.ch

  •   Fondation suisse pour la protection et l'aménagement du paysage (FP):

Roman Hapka 079 601 76 64,  Roman Hapka (SL-FP); r.hapka@sl-fp.ch

  •   Avocat : Maître Pierre Chiffelle, 079 639 18 86  
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